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ÐäÈåÇ ÃäåÇ ãÓíÍíÉ ÝãÇÊÊ æ Ýí ÞáÈåÇ ÍÓÑÉ Úáì ãæØäåÇ
ÐäÈåÇ ÃäåÇ ãÓíÍíÉ ÝãÇÊÊ æ Ýí ÞáÈåÇ ÍÓÑÉ Úáì ãæØäåÇ ÝÇØãÉ ÇíÊ ãäÕæÑ Ãæ ÝÇØãÉ ÚãÑæÔ Ãã ÇáØÇæÓ ÚãÑæÔ Fadhma Ait Mansour - Fadhma Amrouche D'après son livre Histoire de vie Mes tresses brunes sont devenues blanches. Ma grande maison s’est vidée de tous ses habitants et c’est seule avec mon compagnon de route que j’ai fêté mes quarante sept ans de mariage. Je suis allée à lghil Ali (village natal de mes parents en petite Kabylie) après huit ans d’absence. Beaucoup, beaucoup de tombes, tant parmi nos parents et connaissances de mon village que parmi les ménages chrétiens : Marzoug, Chaini, Slimane, Said Gamara, sa mère et sa soeur, trois maisons fermées et avec la nôtre quatre. De la demeure ancestrale que j’ai revue de loin, il ne reste que des ruines vides. Les volets de l’étage ou j’avais cru vivre toujours, il y a quarante ans, pendent lamentablement et de cette famille Amrouche, il ne reste plus que le vieux grand père Ahmed et je me suis répété « vanité des vanité tout n’est que vanité sauf dieu et le peu de bien que nous aurons pu faire» Je suis revenue dans cette maison de Ghadames (en Tunisie) ou j’ai commencé ma vingt deuxième année d’existence avec le désir de repartir là-bas, dans la maison abandonnée d’lghil Ah. Me sera-t il accordé de le faire? C’est le secret de dieu. Je ferme, maintenant ce cahier ou j’ai consigné le résumé de ma vie. Je l’ai écrit en un mois. Nous sommes le vingt huit août, j’ai fait vite sait-on jamais, je suis vieille, fatiguée mais j’ai gardé mon âme d’enfant prompte à vouloir redresser les torts et à défendre les opprimés. Je n’ai plus revu l’école ne sais ce qu’elle est devenu mais dans ma mémoire, il y a toujours l’image enchantée de ma jeunesse. Je revois toujours le chemin fleuri, les églantiers, les chèvrefeuilles et les guirlandes de clématites. La cascade aux eaux écumantes, les berges fleuries de mon ruisseau et les tapis de boutons d’or. En entendant, les nuits d’été, chanter les grenouilles, je revois le jardin de la varenne sentilaire et ses rosiers grimpants. Je puis dire avec le poète : « En ce lieu, un jour, je fus heureuse» J’ai oublié le jardin de mon enfance avec ses tonnelles de vigne et “fort national” à l’horizon avec ses tuiles rouges et ses remparts blancs. Je viens de relire cette longue histoire et je m’aperçois que j’ai oublié de dire je suis, toujours restée la kabyle, jamais, jamais, malgré les quarante ans que j’ai passé en Tunisie, malgré mon instruction, foncièrement, française, jamais, je n’ai pu me lier, intimement, ni avec des Français ni avec des Arabes. Je suis restée toujours l’éternelle exilée celle qui jamais ne s’est sentie chez elle, nulle part. aujourd’hui, plus que jamais, j’aspire, enfin, à être chez moi, dans mon village, au milieu de ceux de ma race, de ceux qui ont le même langage, la même mentalité, la même âme superstitieuse et candide affamée de liberté, d’indépendance l’âme de Jugurtha “roi berbère”. À mon fils j’ai dédié ce cahier pour lui j’ai écrit cette histoire. Pour qu’il sache que ma mère et moi avons souffert et peiné pour qu’il soit Jean Amrouche, le poète berbère. Fadhma Ait Mansour La mère deTaos Amrouche |
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