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Mostaganem : ville traditionnelle, ville “moderne” européenne
Mostaganem : ville traditionnelle, ville “moderne” européenne Mostaganem : ville traditionnelle, ville “moderne” européenne (1ère partie) Mostaganem : ville traditionnelle, ville “moderne” européenne ) EVOLUTION SOCIALE ET RECONFIGURATION SPATIALE Ville des « Quarante quatre marabouts », Mostaganem est réputée pour ses remarquables valeurs culturelles et artistiques. Elle s’est en effet distinguée, au cours de son histoire, par un patrimoine dont l’expression plurielle a traversé les époques sur plusieurs générations. 1- La zaouia El-Alaouiya, par exemple, représente un lieu culturel et cultuel de renommé mondiale. Le quatrième art occupe une place particulière grâce à Ould Abderrahmane Kaki dont l’apport a singulièrement marqué le théâtre algérien. Au titre de la musique populaire, se reproduisent un genre « chaâbi » et un chant bédouin propres au milieu artistique mostaganemois qui enregistre dans l’art pictural notamment, des hommes de culture de grande envergure2. 2-Malgré cette richesse de la création artistique, la ville de Mostaganem n’a fait l’objet que de quelques écrits où ne se reflètent pas, à notre sens, les valeurs relatives qui la caractérisent. Durant la période coloniale, seuls quelques monographies, récits ou articles ont été écrits sur la ville. Après l’indépendance, mises à part quelques études sur son histoire (Belhamissi M., 1982 ; Ghalem M., 1998), sur l’habitat précaire et les bidonvilles (Péchoux P.Y., 1972 ; Souiah S.A., 1996), sur l’industrialisation et la périphérie (Semmoud B., 1983) ou quelques travaux de mémoires d’ingénieur de géographie, Mostaganem n’a suscité que récemment l’intérêt de la recherche en matière d’urbanisme. 3-Sans remettre en question l’intérêt de ces écrits, notre contribution apporte un autre éclairage sur Mostaganem. A partir de la lecture de sa dynamique urbaine, il s’agit de mettre en évidence le processus de développement et de restructuration de ses tissus urbains. L’objet de notre réflexion est une tentative d’interprétation des changements opérés dans la structure et la symbolique3 urbaine de cette ville depuis la période précoloniale. Quels sont les apports urbanistiques de chaque période historique de Mostaganem ? Quelles sont les logiques qui sous-tendent son organisation spatiale et ses formes d’urbanisation ? 4-Pour appréhender notre terrain d’étude, les deux démarches utilisées se rapportent aux aspects morphologique et paysager de lecture d’une ville. Fondée sur la mise en évidence des caractéristiques de la forme urbaine (Panerai, P., Depaule, J.C., Demorgon, M., 1999) qui intègre les dimensions spatiales et historiques dans l’analyse de la forme physique et de la constitution du tissu urbain. La deuxième renvoie à l’étude de la structure de l’image de la ville et de sa lisibilité (Lynch, K., 1976). Le travail, mené à partir de l’interprétation de la documentation et de supports graphiques, est complété par l’observation directe et les entretiens avec quelques acteurs urbains de Mostaganem. Ville traditionnelle, Ville « moderne » européenne : juxtaposition spatiale et divisions sociales, ethniques et fonctionnelles 5Les photos aériennes de Mostaganem révèlent certains principes et logiques de localisation et de croissance pour chaque période de son histoire. La ville précoloniale, attenante à l’Oued Aïn-Sefra, occupe un site protégé par une topographie élevée. Elle dominait l’environnement et favorisait ainsi une position de défense et de contrôle du secteur ouest. L’oued constituait en même temps pour les habitants, une ressource d’eau pour irriguer les jardins et actionner les moulins. La topologie de l’ensemble est significative de l’expression d’un modèle d’intégration aux données physiques du site. Occupant des terrains escarpés le long des berges de l’oued, elle se compose de trois quartiers et de quelques constructions appelées El-Arsa. Ces types d’implantation qui adhèrent aux propriétés morphologiques du site initial, se traduisent par des configurations toponymiques expressives Mostaganem : ville traditionnelle, ville « moderne » européenne(2éme partie) EVOLUTION SOCIALE ET RECONFIGURATION SPATIALE El-Matemare et Tidjditt sur la rive droite, composent un arc épousant le tracé de l’oued et la déclivité des terrains. Le quartier d’El-Matemare qui comportait sa propre muraille se distingue par Bordj El-Turcs appelé par les Français Fort de l’Est. C’est une citadelle située sur un terrain dominant et facilitant la visibilité dans toutes les directions. Sa réalisation est attribuée par certains historiens à Hamid El-Abd et sa modernisation au Bey Mustapha Bouchelagham resté à Mostaganem de 1732 à 1737. Le quartier de Tidjditt qui abrite des koubas, makams et de petites mosquées est considéré comme une ville jumelle plutôt qu’un simple quartier. Il comprend dans sa partie ouest, un sous quartier appelé Kadous El-Meddah. Ce nom tire sa signification de la principale rue qui constituait un lieu de rencontre des poètes et « meddahs ». Derb-Tebbana dénommé El Bled, sur la rive gauche est cerné d’une muraille. Sa position lui conférait le rôle de contrôler l’ouest et la mer. Réservé au commandement beylical et à l’aristocratie locale, il constitue le noyau de la ville traditionnelle qui abrite plusieurs édifices religieux et administratifs (La grande mosquée, le Bordj M’hal, la mosquée de Sidi Yahia, le palais du Bey Mohamed El-Kebir et deux zaouias). Il est structuré en outre, par des rues animées « d’une vie populaire intense et où presque tous les corps de métiers sont représentés ». Cette description évocatrice de quelques caractéristiques de la cité précoloniale, illustre la conception linéaire du souk plutôt qu’au sein d’une place. Cette forme d’organisation de l’espace commercial le long de la rue, est une constante majeure et un trait culturel dans l’aménagement urbain. A travers la lecture du plan de l’ancienne ville, nous percevons une certaine cohérence dans l’agencement de ses différentes parties. La topographie accidentée et la présence de l’oued affermissent son identité et constituent des « actans non humains » à l’origine de sa localisation et de son aménagement. L’organisation spatiale, quant à elle, correspond d’une part à la distribution des différents groupes ethniques, et d’autre part à la spécialisation des métiers et des corporations dont le rôle essentiel influe sur l’image de la ville. Il en résulte ainsi et à l’instar de la représentation des villes anciennes, une ségrégation sociale et fonctionnelle dans l’utilisation de l’espace. Ces données historiques typiques ont maintenant disparu mais la permanence du tissu urbain permet d’apprécier les principes de sa composition. L’agencement compact des maisons, l’ordonnance de la mitoyenneté et les autres traitements architecturaux donnent à la ville son unité et une homogénéité dénuée de monotonie. L’urbanisme colonial qui pour des raisons militaires, s’est implanté à côté du noyau initial, a épargné son entité urbaine et architecturale. L’orientation Nord-Sud adoptée au début a été rapidement abandonnée pour des raisons topographiques. Les quartiers se sont développés en échiquier autour du centre, suivant une croissance radioconcentrique ordonnée par les éléments régulateurs que sont le port et l’oued vers le Sud-Est. Mostaganem : ville traditionnelle, ville « moderne » européenne (3éme partie) Mostaganem : ville traditionnelle, ville « moderne » européenne (3éme partie) La première période d’urbanisation de type militaire (1833-1850) et d’occupation de la ville existante, se poursuit par la création de la ville dite moderne. Initiée en 1855, elle donne naissance à la physionomie urbaine de Mostaganem selon un plan d’alignement des rues, ponctué de places et de carrefours. Une succession de projets a été entamée postérieurement par la construction de L’hôpital militaire et de la Place d’Armes - qui deviendra plus tard la Place de la République - plantée d’arbres et dont la position centrale regroupe l’église et des bâtiments de deux à cinq niveaux pour usage d’habitation. La conception des façades avec des balcons et de grandes fenêtres jouissent de la vue, tout en assurant l’ensoleillement et l’aération. Les rez-de-chaussée en arcades sont généralement réservés aux activités commerciales. Au fur et à mesure que la ville prend forme, on observe l’apparition de plusieurs quartiers (La marine, La pépinière, Beymouth et Saint-Jules) autour du centre colonial, offrant aux ingénieurs et bâtisseurs français en Algérie l’opportunité d’expérimenter des techniques et des dispositifs urbanistiques nouveaux. C’est la période des orientalismes qui ont laissé des traces visibles dans la conception des projets architecturaux. Le développement économique de la région entre 1910 et 1959, dû à l’essor de la viticulture, a favorisé l’exécution des projets structurants de la ville. L’Hôtel de ville, en 1927, constitue par son architecture massive un fait marquant et un repère dans la représentation sociale. D’autres équipements importants ont suivi, tels que l’Hôtel des finances, La poste et les banques qui ont été réalisés le long du boulevard principal Benayed Bendehiba (Ex. Avenue du Premier de Ligne). L’édification de nouveaux quartiers (Monplaisir à l’Est, La Salamandre au Nord Ouest) ainsi que la jonction des quartiers existants (Beymouth, Saint-Jules et Raisinville) donnent à la ville la configuration héritée après l’indépendance. Jusqu’aux années 1940, la production des logements a été le fait de l’initiative privée. Ce n’est qu’après 1954 que les autorités françaises ont mis en œuvre des formules pour loger la population algérienne défavorisée. Issue de l’exode rural, celle-ci était installée dans des bidonvilles à proximité de Monplaisir, El Arsa et Tidjditt. Au nord de ces quartiers, l’armée française en 1956 a construit un camp de recasement dénommé « Les maisons du capitaine », et l’office HLM (Habitations à loyer modéré) pour sa part, a réalisé des logements de types divers sur deux sites. Durant les dernières années de la Guerre de libération nationale, le Plan de Constantine a financé des logements type HLM à Raisinville, Beymouth et à l’extrémité Sud Est de la ville. Les différents tissus européens qui se sont juxtaposés en adoptant, en général, le même type d’urbanisme, définissent les lignes de croissance radioconcentrique de la ville après l’indépendance. C’est ainsi que l’urbanisation s’est déployée selon trois axes principaux reliant Mostaganem à Oran à l’Ouest, Relizane au Sud et Ténès à l’Est. source http://www.reflexiondz.net/ |
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Mostaganem : ville traditionnelle, ville « moderne » européenne...EVOLUTION SOCIALE ET RECONFIGURATION SPATIALE : EVOLUTION SOCIALE ET RECONFIGURATION SPATIALE : Mostaganem : ville traditionnelle, ville « moderne » européenne Extension de la ville et nouvelle morphologie urbaine Etalée sur une dizaine d’années, après l’indépendance, l’urbanisation de Mostaganem s’est faite selon un rythme relativement lent. Les principaux projets qui ont marqué son évolution, sont le siège de la Wilaya, l’Institut technologique de l’enseignement, quelques écoles primaires et l’achèvement des programmes HLM entamé à la fin de la Guerre de libération nationale. Dès les années 70, une nouvelle trame urbaine intègre une série d’unités industrielles et d’équipements à l’échelle locale et régionale : tribunal, commissariat de police, protection civile et 1200 studios pour les étudiants de l’Institut de technologie agricole. Durant la décennie suivante, d’autres programmes d’envergure, planifiés par le Plan d’urbanisme directeur (PUD), contribuent foncièrement à la mutation spatiale de la périphérie de Mostaganem (Tableau 1). Elle se mesure en termes de nombreux projets localisés surtout au sud-est de la ville et greffés aux quartiers existants. C’est en définitive, un ensemble de variétés fonctionnelles que l’on peut qualifier de mixité urbaine, qui apparaît à travers la diversité des activités ainsi que les types d’habitat et des équipements réalisés. Aux débuts des années 90, une politique de désengagement progressif de l’Etat, initie des procédures d’auto-construction qui se traduisent à Mostaganem par l’édification de lotissements et de coopératives immobilières pour des logements individuels et évolutifs. La multiplication des formules d’accession au logement, met à contribution de nouveaux intervenants dans la maîtrise d’ouvrage et le financement. Pour autant, l’Agence foncière locale sous tutelle de la wilaya, la CNEP, l’EPLF, l’OPGI, l’AADL, les promoteurs immobiliers et les banques, la prolifération des entreprises privées et étrangères, ont concrétisé un gigantesque programme de logements provoquant un bouleversement spatial sans précédent. L’espace bâti de Mostaganem a augmenté de 169 % entre 1977 et 2000. Des débordements territoriaux de la ville ont conduit à des jonctions avec Kharouba, El H’chem, Sayada, Mazagran et Salamandre, considérées jadis comme agglomérations secondaires. Mostaganem a été dotée d’un Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme approuvé en 1997. 15-La planification urbaine (PDAU et POS) impulse à l’urbanisation une accélération remarquable. L’observation de la périphérie actuelle montre que cette extension a été facilitée par l’existence de terrains plats le long des axes routiers modifiant ainsi la forme radioconcentrique de Mostaganem en un étalement linéaire qui diverge dans trois directions : Au sud-ouest, l’agglomération de Salamandre est atteinte, d’une part grâce aux équipements structurants symbolisant le pouvoir administratif local (tribunal, extension de la wilaya, Directions techniques,…) et d’autre part, par la réalisation de bâtis résidentiels (habitat semi-collectif de haut standing et collectif de type LSP ainsi que des coopératives d’habitat individuel). Au sud vers Mazagran, comprenant l’habitat collectif social et individuel de type coopératives immobilières sur des poches urbaines aux limites de la commune signifiées par un boulevard périphérique. L’extension sur ce territoire a reçu un programme de logements en location vente type AADL |
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