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áÍÓä ÚíÓÇäí 17-03-2009 10:49 AM

ÇáäÕ ÇáÃÕáí áãÞÇá ÃÝÑíß ãÇÛÇÒíä ÇáããäæÚ áÊÚÑÖå ááÌäÑÇáÇÊ
 
Algérie

Ils ont été au coeur du pouvoir depuis l'indépendance. Mais, aujourd'hui, le maître du jeu, c’est le chef de l'État.

Algérie
Le crépuscule des généraux
Par : Farid Alilat
Décembre 1993, l’Algérie vit des guerres sombres. La guerre civile fait des dizaines de victimes au quotidien. L’économie périclite, les caisses de l’Etat sont vides et le pays subit un boycottage international pour cause de terrorisme et d’insécurité. A ce triste tableau, il faut ajouter que la fin du mandat du HCE (Haut Comité d’Etat, mis en place au lendemain de la démission du président Chadli, en janvier 1992) précipite l’Algérie dans une grave crise politique. Le mandat de ce comité de sages n’étant pas renouvelable, il faut donc trouver une nouvelle direction. Depuis l’indépendance, en 1962, c’est l’armée qui fait et défait les présidents. C’est elle qui a amené Ahmed Ben Bella, en 1962, avant de le dépasser par un coup d’Etat, en juin 1965. C’est elle qui a désigné le colonel Chadli, à la mort du président Boumediene en 1979, avant de le mettre à la porte. C’est encore elle qui fait appel à Boudiaf pour assurer la présidence, avant qu’il ne soit assassiné. Une fois de plus, c’est cette institution qui doit designer, en cette fin d’année 1993, un homme pour diriger l’Algérie. Si les militaires n’ont pas encore trouvé la bonne personne, ils ont déjà une idée du profil idéal...Il faut un homme à poigne, capable d’arrêter la spirale de violence, un civil qui pourrait redorer le blason du pays, le mener vers le progrès, la stabilité et la modernité. C’est ainsi que le nom d’Abdelaziz commence à circuler dans les salons d’Alger. En 1992, déjà, les militaires lui ont proposé d'intégrer le HCE, mais il a rejeté l'offre. Accepterait-il, cette fois-ci ? Retiréde la scène politique depuis 1981, installé entre laSuisse, la France et les émirats du Golfe, il feraitbien l'affaire. Ancien officier de l'ALN (Armée de libération nationale), il participé à la guerre d'Algérie.
Ex-ministre des Affaires étrangères, membreéminent du FLN (Front de libération nationale),on dit que c'est un bosseur, qu’il jouit d'une aurainternationale et qu’il s’est tenu loin de cette terrible et sale guerre qui oppose militaires et terroristes,réconciliateurs et éradications, modernistes et conservateurs. Bref, c'est l’homme de la situation...
Approché, Bouteflika accepte, mais souhaiterencontrer les principaux dirigeants de l’armée. Le premier conclave se déroule au mois de décembre, à Dar El Afia, dans un restaurant où les hauts gradés ont leurs habitudes. L'entrevue est cordiale, mais la méfiance est de mise. Bouteflika garde une certaine rancune à l'égard de ces gradés, qui lui ont barré la route de la présidence en 1979, tandis qu'eux doutent de cet homme cultivé, indépendant et indocile. L’armée est disposée à l’introniser à la tête de l’état, mais il doit au préalable d'accepter être officiellement plébiscité à l’issue de la conférence
du Dialogue national, qui se tiendra les 25 et 26 janvier 1994, au Club des Pins. Sur ses gardes, Bouteflika s’engage tout de même à étudier la proposition. Pendant plusieurs jours, il consulte, s'informe et demande conseil si bien que, moins de trois semaines avant la tenue de cette fameuse conférence, il reprend langue avec les généraux pour poser de nouvelles conditions.
Il veut rencontrer le responsable de l'état-major de l'armée, les commandants des forces armées, ainsi que les chefs de régions militaires. Devant un parterre d’une centaine d’officiers supérieurs, il expose sa vision du pouvoir. L’homme nourrit de grandes ambitions pour le pays, souhaite parvenir à une « réconciliation nationale » avec tous les courants politiques, y compris avec la mouvance islamiste et ne veut, pour rien au monde, partager le pouvoir avec un adjoint ou un vice-président. Ce conclave achève-t-il d’aplanir les divergences etdissiper les malentendus entre lui et les décideurs ?
Rien n’est moins sûr, car il reste un détail à régler, et pas des moindres. Les généraux insistent encore pour qu’il soit adoubé par la conférence du Dialogue national, pour éviter que le régime ne perde la face devant l’opinion nationale et internationale.
Lui, exige d’être nommé directement par le HCS. « Une chose est sûre. Je ne veux pas être nommé par un Abdelhak Benhamouda (le secrétaire général du puissant syndicat UGTA) ou par une conférence de cadres. Je veux détenir mon pouvoir des militaires », confie-t-il le 22 janvier à Chérif Belkacem, ancien ministre sous Boumediene. Enfant du système, il sait qu’en Algérie, les véritables dépositaires du pouvoir sont les militaires. Devant les réticences de l’ancien diplomate, un compromis est tenté : Bouteflika sera désigné par le HCS, mais il devra quand même faire acte de présence, ne serait-ce pour quelques minutes, devant les conférenciers au Club des Pins. Bouteflika campe sur
ses positions...
Mardi 25 janvier 1994, minuit passé. Liamine Zéroual et Chérif Belkacem se rendent au domicile de Bouteflika. Leur mission ? Lui demander une dernière fois s'il accepte ou non l'offre des généraux. Courtois et cordial, l’entretien s’avère une pure formalité. Bouteflika a pris sa décision : « Je ne fais plus de politique. Je ne veux plus faire de politique. Je jure par Dieu que je n’accepterai pas… », Répètet-il. Pendant dix minutes, Zéroual tente de lui faire changer d’avis. Peine perdue. Les deux émissaires quittent son domicile, pour aller dans une villa où les attendent trois hauts responsables de l'armée :
Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense et membre du HCE, Mohamed Mediene, dit Tewfik, patron de la DRS (Direction de la recherche et de la sécurité), ainsi que Mohamed Lamari, chef de l'état-major de l'armée. Lorsque Zéroual annonce la nouvelle, les trois généraux tombent des nues.
Atterrés, ils doivent trouver un autre candidat dans l’urgence. Le 26 janvier, le nom du futur chef d'état doit être officiellement proclamé. Que faire ? Insister une dernière fois auprès de Bouteflika ? Abandonner cette piste et désigner un autre responsable au pied levé ? Différer la désignation, au risque de provoquer une nouvelle crise politique ? On demande à Bouteflika de venir s'expliquer devant les trois généraux. Quatre heures du matin, dans une villa de la capitale. Les trois hommes tentent de le convaincre de se rendre au Club des Pins. Il exige toujours d'être désigné par l'armée. Les généraux
arguent que sa présence au Club des Pins ne sera qu'une formalité. Il dit niet. Fin du conciliabule.
Lâchés par Bouteflika, les généraux se tournent vers un des leurs, Liamine Zéroual. Devant Tewfik, Lamari, le général Touati, Abbes Ghéziel, patron de la Gendarmerie nationale, Nezzar lance à Zéroual :
« Tu dois assumer tes responsabilités ». La mort dans l’âme, les larmes aux yeux, Zéroual accepte d'être président. Vendredi 28 janvier, Bouteflika s'envole vers la Suisse. Pendant quatre ans, il vivra entre Paris, Genève et Abou Dhabi, où il occupe le poste de conseiller auprès de Cheikh Zayed Ben Soltane Al Nahyane, président des émirats arabes unis. Bien qu’il s’en tienne à l'écart, il est constamment à l'écoute de son pays et y séjournera même à plusieurs reprises. Il attend son heure...
Printemps 1998. Le président Zéroual se lasse du pouvoir. Moins de trois ans après son élection(en novembre 1995), l’homme veut rendre sontablier. Son envie de partir est d'autant plus pressante que de profondes divergences l'opposent au haut commandement de l’armée. Le premier désire en finir avec le terrorisme en accentuant la lutte contre la subversion, le second souhaite conclure un compromis avec les dirigeants des groupes terroristes.
En octobre 1997, une branche des services de renseignements a déjà conclu une trêve avec la direction de l'AIS (Armée islamique du salut), le bras armé du FIS (Front islamique du salut). Il ne reste qu'à lui conférer une couverture politique.
Sauf que Zéroual ne veut plus faire de concessions aux groupes armés. Dès son retour du sommet de l’OUA (Ouagadougou, juin 1998), il informe donc les généraux Tewfik et Lamari qu’il s’apprête à annoncer officiellement sa démission. Panique à bord. Les deux hommes tentent de le faire raisonner par ses proches et certains ministres. « Ma décision est irrévocable », martèle Zéroual. Devant son refus obstiné, les deux généraux réclament un délai de quelques semaines, le temps de trouver un successeur.
C’est alors qu’entre en scène Larbi Belkheir. Directeur de cabinet de la présidence sous Chadli Bendjedid, dans les années 1980, ex-ministre de l'Intérieur, homme de réseaux en Europe et dans le Moyen-Orient, Belkheir est considéré comme le parrain du système. On l’appelle le Cardinal.
Lorsque celui-ci a vent du départ imminent de Zéroual, il prend contact avec Bouteflika. Les deux hommes se connaissent depuis longtemps. On dit même qu’ils se voient souvent en France, en Suisse ou aux émirats.
Dans le courant du mois de juillet 1998, Belkheir rencontre Bouteflika à l’hôtel des Bergues, à Genève. Est également présent à cette rencontre, Abdelkader Koudjeti, richissime homme d'affaires algérien, ami et bienfaiteur de Bouteflika. Au menu des discussions ? La succession de Zéroual.
Bouteflika serait-il disposé prendre sa place ? Il ne dit ni oui, ni non. Il demande à voir. C’est ainsi que Larbi Belkheir se propose de vendre aux généraux la candidature de Bouteflika. Comment ? Retour à Alger. Belkheir lance une première sonde auprès
d'Abbès Ghéziel. Les arguments pour promouvoir son poulain ? Il n’est pas un acteur de la guerre civile, il a été chef de la diplomatie du temps de la splendeur de l’Algérie... C’est un beau parleur, un charmeur, un fin connaisseur de la politique internationale, un réconciliateur et il offre un précieux avantage : c’est un civil. Ce qui arrange les militaires, soucieux de ne pas désigner une fois de plus un galonné à la tête de l’état.
Peu de temps après cette première approche, quatre hauts responsables de l'armée, Tewfik, Smaïn Lamari, n° 2 de la DRS, Mohamed Lamari, ainsi que le général Mohamed
Touati, celui que l'on tient comme l' « éminence »de la Grande Muette, se retrouvent pour débattre de cette proposition. S’ils ne voient pas d'inconvénients à permettre à Bouteflika de succéder à Zéroual, ils n’estiment pas moins qu’un temps de réflexion soit nécessaire avant de trancher la question. D’abord, il faut sonder l’opinion des autres responsables de
l’institution, celle de Khaled Nezzar, en particulier.
Ne figurait-il parmi le quarteron de généraux qui avait offert à Bouteflika la présidence en 1994 ?
Sanguin, vif, le bouillonnant général est réputé pour ne pas avoir sa langue dans la poche. Lorsque Nezzar entend le nom de Bouteflika, il bondit de son siège. « Vous êtes fous ! s'exclame-t-il. C’est un peureux. Il va encore vous claquer entre les doigts! » Et Nezzar refuse de suivre ses pairs... Début septembre 1998. Mohamed Mediene et Abdelaziz
Bouteflika se retrouvent dans une villa qui tient lieu de siège pour la fondation Mohamed-Boudiaf.
L'entrevue dure sept heures. Les deux hommes évoquent le passé et l’avenir, avant de parvenir à un accord. Que se sont-ils dit ? On ne le saura sans doute jamais dans le détail. En revanche, une chose est certaine : Bouteflika sera adoubé par l’armée, tout en étant présenté comme un indépendant dont la candidature bénéficiera d’un large consensus national. De son côté, le futur président mettra en place une politique de réconciliation nationale, pour tourner la page d’une décennie de sang. Une amnistie pour les groupes terroristes et les membres de services de sécurité coupables de crimes ou de disparitions serait la bienvenue. Bouteflika aurait alors prononcé cette phrase, à l’adresse des militaires. « Je vous signe un chèque en blanc… » Au sortir de cette réunion, Tewfik confiera au patron d’une grande compagnie nationale : « Pourquoi n’a-t-on pas connu Bouteflika avant ? Si ça avait été le cas, nous ne serions pas dans cette situation… »
Le choix de l'armée étant validé, Liamine Zéroual annonce sa démission le 11 septembre ainsi que la tenue d’élections présidentielles anticipées. Commence alors un long travail, en coulisses, de tractations et de négociations.
Dans son appartement d’El Biar ou au siège de la fondation Boudiaf, Bouteflika consulte, reçoit des appuis, élargit ses réseaux et constitue son équipe de campagne.
Les stratèges de l’armée se chargent, de leur côté, de convaincre partis politiques, organisations de masses, famille révolutionnaire et personnalités de la société civile de soutenir sa candidature.
Lorsque Nezzar apprend le choix de ses amis généraux, il manifeste son désaccord, via un communiqué de presse dans lequel il qualifie Bouteflika de « vieux canasson » et « d'homme sans poigne ».Raisonné par Tewfik, Belkheir et Ghéziel, Nezzar se ravise en affirmant qu'il est « celui qui a les meilleurs atouts pour sortir le pays de la crise ».
Reste à convaincre le FLN, plutôt réticent à faire allégeance à Bouteflila. Reçu à maintes reprises par Tewfik, Boualem Benhamouda, le secrétaire général du FLN, finira par donner, en décembre 1999, son onction au candidat du consensus. Lorsqu’on lui demande les raisons de ce choix, il répond par une phrase lourde de sens. « On m’a appelé d’en
haut. On m’a dit : c’est Bouteflika. » Qui, en haut ? Tewfik, bien sûr...
Annoncée ouverte, honnête et transparente, la course à la présidentielle de 1999 s’avère tronquée. Présenté comme un candidat libre et indépendant, Bouteflika bénéficie du soutien de l’administration et des moyens de l’état, tant et si bien que ses sept challengers décident de se retirer d’un bloc, la veille du vote. Seul en lice, il refuse d'abdiquer. Mieux, il veut être élu à une très forte majorité. Dans la matinée du jeudi 14 avril, il annonce publiquement la couleur. « Je n’assumerai de charge suprême de l’état que dans le cadre d’une participation franche et massive du peuple algérien, et seulement dans
le cas où je me sens cautionné par une majorité réelle, tonne-t-il. Sinon, je rentre chez moi ! » Dans l’après-midi même, alors qu’il se trouve au siège de la fondation Boudiaf, dans l'attente des résultats,il menace de claquer la porte s'il n'obtient pas un score supérieur à celui accordé à Zéroual lors de l'élection de novembre 1995. Caprice de diva ou vraie menace, toujours est-il que son avertissement est pris au sérieux en haut lieu. Appelé en urgence au siège de la fondation, le général Mediene tente de le raisonner. Les rares personnes qui ont assisté à cette rencontre affirment que l'échange entre les deux hommes était violent, mais le patron de la DRS finira par accéder à la demande. Bouteflika est élu dès le premier tour, avec 74 % des suffrages. A 62 ans, il devient président de la République.
Au cours de son premier mandat, Bouteflika mène son programme au pas de charge.
Il libère des milliers de terroristes, et en gracie autant, dans le cadre de sa politique
de réconciliation nationale. Il lance un vaste programme de réformes politiques, économiques et sociales et s’emploie à voyager aux quatre coins du monde pour y restaurer l’image de l’Algérie.
Avec lui, le pays émerge lentement d’une longue décennie de chaos. Ses rapports avec l’armée ? Ils évolueront en dents de scie. Officiellement, l’entente est parfaite, sinon cordiale. En réalité, les rapports restent empreints de méfiance, de suspicion, de défiance. S’il loue le rôle de l’armée dans la lutte contre le terrorisme et la préservation de l’unité nationale, Bouteflika n'hésite pas à envoyer quelques "missiles" en sa direction. Par exemple, il considère l'arrêt du processus électoral imposé par l'armée suite à la victoire du FIS lors des législatives en 1991, comme « une première violence ». Alors qu'il appelle Hassan Hattab, émir du GIA et fondateur du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) « Monsieur Hattab », ce qui n'est pas du goût de Mohamed Lamari. Sur un autre registre, Bouteflika se plaint de ne pas exercer pleinement ses prérogatives – « Je refuse d’être un trois quarts de président », a-t-il coutume de dire –, et accuse l'armée de lui avoir imposé des lignes rouges. Dans l'antichambre de ce système opaque, certains dirigeants de l’armée ne se gênent pas pour critiquer leprésident, son action, son programme, ses réformeset sa propension à s’emparer de tous les leviers de
pouvoir. En surface, Bouteflika et ses générauxsont sur la même longueur d'onde. En réalité, lacohésion de l'armée est fissurée. L'élection d'avril2004 en sera l'illustration. D'un côté, Tewfik etBelkheir (devenu chef de cabinet de Bouteflika),partisans de la stabilité et donc de la reconductionde Bouteflika pour un second mandat. De l'autre,
Lamari et Nezzar, détracteurs du chef de l'état etfarouches opposants à sa réélection.
Automne 2003. La campagne bat son plein.
Deux candidats se font face : Bouteflika et sonancien ministre, Ali Benflis. Le premier veut rempiler,le second veut le déloger de son fauteuil à ElMouradia. Belkheir et Tewfik oeuvrent en coulissespour le maintien du chef de l'état, Nezzar et Lamarifont le contraire. En octobre 2003, Nezzar publieun brûlot d'une rare violence contre Bouteflika.
Quant à Lamari, même s'il n'a pas suscité la candidaturede Benflis, il l'encourage néanmoins. Sonopposition à Bouteflika est de notoriété publique.
D'aucuns l'ont entendu dire : « Si Bouteflika passe,je me raserai la moustache » ou « Si Bouteflikapasse, je quitte mon poste. »
La bataille électorale, âpre, sale, sans concessions,entre les deux candidats finit par poser
ouvertement le rôle de l’armée. Est-elle disposée àjouer l’arbitre pour garantir une élection loyale ethonnête ? « Ce n’est pas à l’ANP de faire les présidents,avait affirmé le chef d’état-major, MohamedLamari, dans une interview à l’hebdomadaire LePoint (janvier 2003). L’année prochaine, l’institutionmilitaire reconnaîtra le président élu, même s’ilest issu du courant islamiste. » À maintes reprises,l’homme fort de l’armée martèle que celle-ci nesoutiendra aucun candidat. Coups de bluff ? Ceuxqui ont rencontré Lamari à l’époque affirment quel’homme était sincère. À l’automne 2003, un tête-à-têteest organisé entre le général Lamari et Ali Benflis.Prié par ce dernier de préciser la position de laGrande Muette, Lamari affirme en substance : « Jepeux vous assurer que l’armée sera neutre. » Il tientle même discours à Sadi Sadi, président du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie),lui aussi candidat, lors d’un entretien au siège duministère de la Défense.Mais, au fur et à mesure que le scrutin
approche, des rumeurs, des informations,des bruits se font de plus en pluspersistants sur l'impartialité de l'administration.Au profit de Bouteflika. L’élections'est-elle jouée au profit du président sortant ? AliBenflis en est convaincu. Une semaine avant lejour J, il confie son sentiment à plusieurs de sesproches collaborateurs. « Les dés sont pipés, dit-il.Il n’y aura pas de second tour. Pourtant, je refusede me retirer. Je suis investi par les militants et j’iraijusqu’au bout. » Jeudi 14 avril. Alors que tout lemonde croit qu'un deuxième tour est inévitable, lasurprise est de taille. En début de soirée, la victoirede Bouteflika se profile. Les walis (préfets) ont-ilsreçu consigne pour bourrer les urnes ? La DRS deTewfik a-t-elle roulé au profit du président ? Benfliset Said Sadi en sont persuadés. Le ministère del'Intérieur, admettent-ils, a donné instruction pourfaire gagner le candidat sortant. Quant à Tewfik,estiment-ils, s'il n'a pas encouragé la fraude, il n'en
a pas moins fermé les yeux. Dans la soirée, vers19 heures, Ali Benflis s’entretient avec MohamedLamari pendant 45 minutes, au ministèrede la Défense. Le chef d’état-major est furieux.
Bouteflika est élu au premier tour, à une écrasantemajorité (84 %). C'est la neutralité de l’armée quivole en éclats. Débité, abattu, il évoque encore unefois l'engagement qu'il a pris : sa démission, en casde victoire de Bouteflika. Au mois d’août 2004, ilquitte son poste de chef d'état-major de l'armée.
Quid de l’élection d’avril 2009 ? Pour la première fois de l’histoire de l’Algérie indépendante, l’armée ne devrait jouer aucun rôle dans l’élection du chef de l’état. C’est que, dix ans après son arrivée au pouvoir, Bouteflika est devenu le maître du jeu. Il a modifié la Constitution en novembre 2008 pour faire sauter le verrou qui l’empêchait de postuler à un troisième mandat. Il a placé à la tête de l’état-major un fidèle parmi les fidèles, Gaïd Salah. Il a promu de jeunes généraux, qui ne sont pas issus de la génération qui a fait la guerre d’Algérie. Il a installé de nouveaux chefs de régions militaires.
Son ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, ancien n° 2 de la sécurité militaire, est devenu l’un des hommes les plus puissants du régime. Que reste-il du quarteron qui a fait la pluie et le beau temps ? Tous septuagénaires, ils ont connu des fortunes diverses. Revenu de sa déception, Mohamed Lamari est aujourd'hui au côté de Bouteflika. Khaled
Nezzar est retiré de la politique, et refuse de rencontrer les journalistes. Après avoir été chassé de la présidence par Bouteflika, en 2005, Larbi Belkheir a été nommé ambassadeur d'Algérie au Maroc. Aujourd'hui, il souffre d'une grave maladie.
Le seul qui reste encore en service est Tewfik. Ses rapports avec Bouteflika ? Excellents, de l'avis de nombreux témoins. S’il est exclu de penser que l’armée n’est plus en mesure de peser sur le cours des événements, il faut admettre que l’on assiste à la fin d’une époque. Au chant du cygne des généraux.

ãÍãÏ ÚÈÏ ÇáßÑíã 17-03-2009 11:16 AM

ÑÏ: ÇáäÕ ÇáÃÕáí áãÞÇá ÃÝÑíß ãÇÛÇÒíä ÇáããäæÚ áÊÚÑÖå ááÌäÑÇáÇÊ
 
La DRS deTewfik a-t-elle roulé au profit du président ? Benfliset Said Sadi en sont persuadés. Le ministère del'Intérieur, admettent-ils, a donné instruction pourfaire gagner le candidat sortant. Quant à Tewfik,estiment-ils, s'il n'a pas encouragé la fraude, il n'en
a pas moins fermé les yeux. Dans la soirée, vers19 heures, Ali Benflis s’entretient avec MohamedLamari pendant 45 minutes, au ministèrede la Défense. Le chef d’état-major est furieux.
Bouteflika est élu au premier tour, à une écraemajorité (84 %). C'est la neutralité de
l’armée quivole en éclats

-äÊÇÆÌ ÇäÊÎÇÈÇÊ 2004 ßÇäÊ ãÝÇÌÆÉ ¡ ÌÏÇ......æÇáÇÛÑÈ åæ ãÇÊÚÑÖ áå ãäÇÝÓ ÈæÊÝáíÞÉ åæ æÇáÌäÇÍ ÇáãÄíÏ áå Ýí ÍÒÈå.......áÞÏ ÚæÞÈ¡æÏÝÚ ÇáËãä.......

- áßä ÕæÑÉ ÇáÚãÇÑí ÈÇáÈÐáÉ ÇáãÏäíÉ Ýí ÍÝáÉ ÊÑÔíÍ ÈæÊÝáíÞÉ ¡....áÇ ÊÈÚË Úáì ÇáÇÑÊíÇÍ ÇØáÇÞÇ....

hamidou.h21 17-03-2009 11:30 PM

ÑÏ: ÇáäÕ ÇáÃÕáí áãÞÇá ÃÝÑíß ãÇÛÇÒíä ÇáããäæÚ áÊÚÑÖå ááÌäÑÇáÇÊ
 
ÇÞÊÈÇÓ:

ÇáãÔÇÑßÉ ÇáÃÕáíÉ ßÊÈÊ ÈæÇÓØÉ áÍÓä ÚíÓÇäí (ÇáãÔÇÑßÉ 541269)
Tous septuagénaires, ils ont connu des fortunes diverses. Revenu de sa déception, Mohamed Lamari est aujourd'hui au côté de Bouteflika. Khaled
Nezzar est retiré de la politique, et refuse de rencontrer les journalistes. Après avoir été chassé de la présidence par Bouteflika, en 2005, Larbi Belkheir a été nommé ambassadeur d'Algérie au Maroc. Aujourd'hui, il souffre d'une grave maladie.
Le seul qui reste encore en service est Tewfik. Ses rapports avec Bouteflika ? Excellents, de l'avis de nombreux témoins. S’il est exclu de penser que l’armée n’est plus en mesure de peser sur le cours des événements, il faut admettre que l’on assiste à la fin d’une époque. Au chant du cygne des généraux.

ãÔᑥ ÌÒíá ÇáÔßÑ


ÇáÓÇÚÉ ÇáÂä 12:52 AM.

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