Mostaganem : ville traditionnelle, ville “moderne” européenne
26-05-2013, 08:31 PM
Mostaganem : ville traditionnelle, ville “moderne” européenne
Mostaganem : ville traditionnelle, ville “moderne” européenne (1ère partie)
Mostaganem : ville traditionnelle, ville “moderne” européenne )
EVOLUTION SOCIALE ET RECONFIGURATION SPATIALE
Ville des « Quarante quatre marabouts », Mostaganem est réputée pour ses remarquables valeurs culturelles et artistiques. Elle s’est en effet distinguée, au cours de son histoire, par un patrimoine dont l’expression plurielle a traversé les époques sur plusieurs générations.
1- La zaouia El-Alaouiya, par exemple, représente un lieu culturel et cultuel de renommé mondiale. Le quatrième art occupe une place particulière grâce à Ould Abderrahmane Kaki dont l’apport a singulièrement marqué le théâtre algérien. Au titre de la musique populaire, se reproduisent un genre « chaâbi » et un chant bédouin propres au milieu artistique mostaganemois qui enregistre dans l’art pictural notamment, des hommes de culture de grande envergure2.
2-Malgré cette richesse de la création artistique, la ville de Mostaganem n’a fait l’objet que de quelques écrits où ne se reflètent pas, à notre sens, les valeurs relatives qui la caractérisent.
Durant la période coloniale, seuls quelques monographies, récits ou articles ont été écrits sur la ville. Après l’indépendance, mises à part quelques études sur son histoire (Belhamissi M., 1982 ; Ghalem M., 1998), sur l’habitat précaire et les bidonvilles (Péchoux P.Y., 1972 ; Souiah S.A., 1996), sur l’industrialisation et la périphérie (Semmoud B., 1983) ou quelques travaux de mémoires d’ingénieur de géographie, Mostaganem n’a suscité que récemment l’intérêt de la recherche en matière d’urbanisme.
3-Sans remettre en question l’intérêt de ces écrits, notre contribution apporte un autre éclairage sur Mostaganem. A partir de la lecture de sa dynamique urbaine, il s’agit de mettre en évidence le processus de développement et de restructuration de ses tissus urbains.
L’objet de notre réflexion est une tentative d’interprétation des changements opérés dans la structure et la symbolique3 urbaine de cette ville depuis la période précoloniale.
Quels sont les apports urbanistiques de chaque période historique de Mostaganem ?
Quelles sont les logiques qui sous-tendent son organisation spatiale et ses formes d’urbanisation ?
4-Pour appréhender notre terrain d’étude, les deux démarches utilisées se rapportent aux aspects morphologique et paysager de lecture d’une ville. Fondée sur la mise en évidence des caractéristiques de la forme urbaine (Panerai, P., Depaule, J.C., Demorgon, M., 1999) qui intègre les dimensions spatiales et historiques dans l’analyse de la forme physique et de la constitution du tissu urbain. La deuxième renvoie à l’étude de la structure de l’image de la ville et de sa lisibilité (Lynch, K., 1976).
Le travail, mené à partir de l’interprétation de la documentation et de supports graphiques, est complété par l’observation directe et les entretiens avec quelques acteurs urbains de Mostaganem.
Ville traditionnelle, Ville « moderne » européenne : juxtaposition spatiale et divisions sociales, ethniques et fonctionnelles
5Les photos aériennes de Mostaganem révèlent certains principes et logiques de localisation et de croissance pour chaque période de son histoire. La ville précoloniale, attenante à l’Oued Aïn-Sefra, occupe un site protégé par une topographie élevée. Elle dominait l’environnement et favorisait ainsi une position de défense et de contrôle du secteur ouest.
L’oued constituait en même temps pour les habitants, une ressource d’eau pour irriguer les jardins et actionner les moulins.
La topologie de l’ensemble est significative de l’expression d’un modèle d’intégration aux données physiques du site.
Occupant des terrains escarpés le long des berges de l’oued, elle se compose de trois quartiers et de quelques constructions appelées El-Arsa. Ces types d’implantation qui adhèrent aux propriétés morphologiques du site initial, se traduisent par des configurations toponymiques expressives
Mostaganem : ville traditionnelle, ville « moderne » européenne(2éme partie)
EVOLUTION SOCIALE ET RECONFIGURATION SPATIALE
El-Matemare et Tidjditt sur la rive droite,
composent un arc épousant le tracé de
l’oued et la déclivité des terrains.
Le
quartier d’El-Matemare qui comportait
sa propre muraille se distingue par Bordj
El-Turcs appelé par les Français Fort de
l’Est. C’est une citadelle située sur un
terrain dominant et facilitant la visibilité
dans toutes les directions.
Sa réalisation
est attribuée par certains historiens à Hamid
El-Abd et sa modernisation au Bey
Mustapha Bouchelagham resté à Mostaganem
de 1732 à 1737. Le quartier de
Tidjditt qui abrite des koubas, makams
et de petites mosquées est considéré
comme une ville jumelle plutôt qu’un
simple quartier. Il comprend dans sa partie
ouest, un sous quartier appelé Kadous
El-Meddah. Ce nom tire sa signification
de la principale rue qui constituait un
lieu de rencontre des poètes et « meddahs
». Derb-Tebbana dénommé El
Bled, sur la rive gauche est cerné d’une
muraille. Sa position lui conférait le rôle
de contrôler l’ouest et la mer. Réservé
au commandement beylical et à l’aristocratie
locale, il constitue le noyau de la
ville traditionnelle qui abrite plusieurs
édifices religieux et administratifs (La
grande mosquée, le Bordj M’hal, la mosquée
de Sidi Yahia, le palais du Bey Mohamed
El-Kebir et deux zaouias). Il est
structuré en outre, par des rues animées
« d’une vie populaire intense et où
presque tous les corps de métiers sont
représentés ». Cette description évocatrice
de quelques caractéristiques de la
cité précoloniale, illustre la conception
linéaire du souk plutôt qu’au sein d’une
place. Cette forme d’organisation de
l’espace commercial le long de la rue,
est une constante majeure et un trait culturel
dans l’aménagement urbain. A travers
la lecture du plan de l’ancienne
ville, nous percevons une certaine cohérence
dans l’agencement de ses différentes
parties. La topographie accidentée
et la présence de l’oued affermissent son
identité et constituent des « actans non
humains » à l’origine de sa localisation
et de son aménagement. L’organisation
spatiale, quant à elle, correspond d’une
part à la distribution des différents
groupes ethniques, et d’autre part à la
spécialisation des métiers et des corporations
dont le rôle essentiel influe sur
l’image de la ville. Il en résulte ainsi et
à l’instar de la représentation des villes
anciennes, une ségrégation sociale et
fonctionnelle dans l’utilisation de l’espace.
Ces données historiques typiques
ont maintenant disparu mais la permanence
du tissu urbain permet d’apprécier
les principes de sa composition. L’agencement
compact des maisons, l’ordonnance
de la mitoyenneté et les autres
traitements architecturaux donnent à la
ville son unité et une homogénéité dénuée
de monotonie. L’urbanisme colonial
qui pour des raisons militaires, s’est
implanté à côté du noyau initial, a épargné
son entité urbaine et architecturale.
L’orientation Nord-Sud adoptée au début
a été rapidement abandonnée pour des
raisons topographiques. Les quartiers se
sont développés en échiquier autour du
centre, suivant une croissance radioconcentrique
ordonnée par les éléments régulateurs
que sont le port et l’oued vers
le Sud-Est.
Mostaganem : ville traditionnelle, ville « moderne » européenne (3éme partie)
Mostaganem : ville traditionnelle, ville « moderne » européenne (3éme partie)
La première période d’urbanisation de type militaire (1833-1850) et d’occupation de la ville existante, se poursuit par la création de la ville dite moderne. Initiée en 1855, elle donne naissance à la physionomie urbaine de Mostaganem selon un plan d’alignement des rues, ponctué de places et de carrefours. Une succession de projets a été entamée postérieurement par la construction de L’hôpital militaire et de la Place d’Armes - qui deviendra plus tard la Place de la République - plantée d’arbres et dont la position centrale regroupe l’église et des bâtiments de deux à cinq niveaux pour usage d’habitation.
La conception des façades avec des balcons et de grandes fenêtres jouissent de la vue, tout en assurant l’ensoleillement et l’aération. Les rez-de-chaussée en arcades sont généralement réservés aux activités commerciales. Au fur et à mesure que la ville prend forme, on observe l’apparition de plusieurs quartiers (La marine, La pépinière, Beymouth et Saint-Jules) autour du centre colonial, offrant aux ingénieurs et bâtisseurs français en Algérie l’opportunité d’expérimenter des techniques et des dispositifs urbanistiques nouveaux.
C’est la période des orientalismes qui ont laissé des traces visibles dans la conception des projets architecturaux. Le développement économique de la région entre 1910 et 1959, dû à l’essor de la viticulture, a favorisé l’exécution des projets structurants de la ville. L’Hôtel de ville, en 1927, constitue par son architecture massive un fait marquant et un repère dans la représentation sociale. D’autres équipements importants ont suivi, tels que l’Hôtel des finances, La poste et les banques qui ont été réalisés le long du boulevard principal Benayed Bendehiba (Ex. Avenue du Premier de Ligne).
L’édification de nouveaux quartiers (Monplaisir à l’Est, La Salamandre au Nord Ouest) ainsi que la jonction des quartiers existants (Beymouth, Saint-Jules et Raisinville) donnent à la ville la configuration héritée après l’indépendance. Jusqu’aux années 1940, la production des logements a été le fait de l’initiative privée. Ce n’est qu’après 1954 que les autorités françaises ont mis en œuvre des formules pour loger la population algérienne défavorisée. Issue de l’exode rural, celle-ci était installée dans des bidonvilles à proximité de Monplaisir, El Arsa et Tidjditt. Au nord de ces quartiers, l’armée française en 1956 a construit un camp de recasement dénommé « Les maisons du capitaine », et l’office HLM (Habitations à loyer modéré) pour sa part, a réalisé des logements de types divers sur deux sites. Durant les dernières années de la Guerre de libération nationale, le Plan de Constantine a financé des logements type HLM à Raisinville, Beymouth et à l’extrémité Sud Est de la ville.
Les différents tissus européens qui se sont juxtaposés en adoptant, en général, le même type d’urbanisme, définissent les lignes de croissance radioconcentrique de la ville après l’indépendance. C’est ainsi que l’urbanisation s’est déployée selon trois axes principaux reliant Mostaganem à Oran à l’Ouest, Relizane au Sud et Ténès à l’Est.
source
http://www.reflexiondz.net/
Mostaganem : ville traditionnelle, ville “moderne” européenne (1ère partie)
Mostaganem : ville traditionnelle, ville “moderne” européenne )
EVOLUTION SOCIALE ET RECONFIGURATION SPATIALE
Ville des « Quarante quatre marabouts », Mostaganem est réputée pour ses remarquables valeurs culturelles et artistiques. Elle s’est en effet distinguée, au cours de son histoire, par un patrimoine dont l’expression plurielle a traversé les époques sur plusieurs générations.
1- La zaouia El-Alaouiya, par exemple, représente un lieu culturel et cultuel de renommé mondiale. Le quatrième art occupe une place particulière grâce à Ould Abderrahmane Kaki dont l’apport a singulièrement marqué le théâtre algérien. Au titre de la musique populaire, se reproduisent un genre « chaâbi » et un chant bédouin propres au milieu artistique mostaganemois qui enregistre dans l’art pictural notamment, des hommes de culture de grande envergure2.
2-Malgré cette richesse de la création artistique, la ville de Mostaganem n’a fait l’objet que de quelques écrits où ne se reflètent pas, à notre sens, les valeurs relatives qui la caractérisent.
Durant la période coloniale, seuls quelques monographies, récits ou articles ont été écrits sur la ville. Après l’indépendance, mises à part quelques études sur son histoire (Belhamissi M., 1982 ; Ghalem M., 1998), sur l’habitat précaire et les bidonvilles (Péchoux P.Y., 1972 ; Souiah S.A., 1996), sur l’industrialisation et la périphérie (Semmoud B., 1983) ou quelques travaux de mémoires d’ingénieur de géographie, Mostaganem n’a suscité que récemment l’intérêt de la recherche en matière d’urbanisme.
3-Sans remettre en question l’intérêt de ces écrits, notre contribution apporte un autre éclairage sur Mostaganem. A partir de la lecture de sa dynamique urbaine, il s’agit de mettre en évidence le processus de développement et de restructuration de ses tissus urbains.
L’objet de notre réflexion est une tentative d’interprétation des changements opérés dans la structure et la symbolique3 urbaine de cette ville depuis la période précoloniale.
Quels sont les apports urbanistiques de chaque période historique de Mostaganem ?
Quelles sont les logiques qui sous-tendent son organisation spatiale et ses formes d’urbanisation ?
4-Pour appréhender notre terrain d’étude, les deux démarches utilisées se rapportent aux aspects morphologique et paysager de lecture d’une ville. Fondée sur la mise en évidence des caractéristiques de la forme urbaine (Panerai, P., Depaule, J.C., Demorgon, M., 1999) qui intègre les dimensions spatiales et historiques dans l’analyse de la forme physique et de la constitution du tissu urbain. La deuxième renvoie à l’étude de la structure de l’image de la ville et de sa lisibilité (Lynch, K., 1976).
Le travail, mené à partir de l’interprétation de la documentation et de supports graphiques, est complété par l’observation directe et les entretiens avec quelques acteurs urbains de Mostaganem.
Ville traditionnelle, Ville « moderne » européenne : juxtaposition spatiale et divisions sociales, ethniques et fonctionnelles
5Les photos aériennes de Mostaganem révèlent certains principes et logiques de localisation et de croissance pour chaque période de son histoire. La ville précoloniale, attenante à l’Oued Aïn-Sefra, occupe un site protégé par une topographie élevée. Elle dominait l’environnement et favorisait ainsi une position de défense et de contrôle du secteur ouest.
L’oued constituait en même temps pour les habitants, une ressource d’eau pour irriguer les jardins et actionner les moulins.
La topologie de l’ensemble est significative de l’expression d’un modèle d’intégration aux données physiques du site.
Occupant des terrains escarpés le long des berges de l’oued, elle se compose de trois quartiers et de quelques constructions appelées El-Arsa. Ces types d’implantation qui adhèrent aux propriétés morphologiques du site initial, se traduisent par des configurations toponymiques expressives
Mostaganem : ville traditionnelle, ville « moderne » européenne(2éme partie)
EVOLUTION SOCIALE ET RECONFIGURATION SPATIALE
El-Matemare et Tidjditt sur la rive droite,
composent un arc épousant le tracé de
l’oued et la déclivité des terrains.
Le
quartier d’El-Matemare qui comportait
sa propre muraille se distingue par Bordj
El-Turcs appelé par les Français Fort de
l’Est. C’est une citadelle située sur un
terrain dominant et facilitant la visibilité
dans toutes les directions.
Sa réalisation
est attribuée par certains historiens à Hamid
El-Abd et sa modernisation au Bey
Mustapha Bouchelagham resté à Mostaganem
de 1732 à 1737. Le quartier de
Tidjditt qui abrite des koubas, makams
et de petites mosquées est considéré
comme une ville jumelle plutôt qu’un
simple quartier. Il comprend dans sa partie
ouest, un sous quartier appelé Kadous
El-Meddah. Ce nom tire sa signification
de la principale rue qui constituait un
lieu de rencontre des poètes et « meddahs
». Derb-Tebbana dénommé El
Bled, sur la rive gauche est cerné d’une
muraille. Sa position lui conférait le rôle
de contrôler l’ouest et la mer. Réservé
au commandement beylical et à l’aristocratie
locale, il constitue le noyau de la
ville traditionnelle qui abrite plusieurs
édifices religieux et administratifs (La
grande mosquée, le Bordj M’hal, la mosquée
de Sidi Yahia, le palais du Bey Mohamed
El-Kebir et deux zaouias). Il est
structuré en outre, par des rues animées
« d’une vie populaire intense et où
presque tous les corps de métiers sont
représentés ». Cette description évocatrice
de quelques caractéristiques de la
cité précoloniale, illustre la conception
linéaire du souk plutôt qu’au sein d’une
place. Cette forme d’organisation de
l’espace commercial le long de la rue,
est une constante majeure et un trait culturel
dans l’aménagement urbain. A travers
la lecture du plan de l’ancienne
ville, nous percevons une certaine cohérence
dans l’agencement de ses différentes
parties. La topographie accidentée
et la présence de l’oued affermissent son
identité et constituent des « actans non
humains » à l’origine de sa localisation
et de son aménagement. L’organisation
spatiale, quant à elle, correspond d’une
part à la distribution des différents
groupes ethniques, et d’autre part à la
spécialisation des métiers et des corporations
dont le rôle essentiel influe sur
l’image de la ville. Il en résulte ainsi et
à l’instar de la représentation des villes
anciennes, une ségrégation sociale et
fonctionnelle dans l’utilisation de l’espace.
Ces données historiques typiques
ont maintenant disparu mais la permanence
du tissu urbain permet d’apprécier
les principes de sa composition. L’agencement
compact des maisons, l’ordonnance
de la mitoyenneté et les autres
traitements architecturaux donnent à la
ville son unité et une homogénéité dénuée
de monotonie. L’urbanisme colonial
qui pour des raisons militaires, s’est
implanté à côté du noyau initial, a épargné
son entité urbaine et architecturale.
L’orientation Nord-Sud adoptée au début
a été rapidement abandonnée pour des
raisons topographiques. Les quartiers se
sont développés en échiquier autour du
centre, suivant une croissance radioconcentrique
ordonnée par les éléments régulateurs
que sont le port et l’oued vers
le Sud-Est.
Mostaganem : ville traditionnelle, ville « moderne » européenne (3éme partie)
Mostaganem : ville traditionnelle, ville « moderne » européenne (3éme partie)
La première période d’urbanisation de type militaire (1833-1850) et d’occupation de la ville existante, se poursuit par la création de la ville dite moderne. Initiée en 1855, elle donne naissance à la physionomie urbaine de Mostaganem selon un plan d’alignement des rues, ponctué de places et de carrefours. Une succession de projets a été entamée postérieurement par la construction de L’hôpital militaire et de la Place d’Armes - qui deviendra plus tard la Place de la République - plantée d’arbres et dont la position centrale regroupe l’église et des bâtiments de deux à cinq niveaux pour usage d’habitation.
La conception des façades avec des balcons et de grandes fenêtres jouissent de la vue, tout en assurant l’ensoleillement et l’aération. Les rez-de-chaussée en arcades sont généralement réservés aux activités commerciales. Au fur et à mesure que la ville prend forme, on observe l’apparition de plusieurs quartiers (La marine, La pépinière, Beymouth et Saint-Jules) autour du centre colonial, offrant aux ingénieurs et bâtisseurs français en Algérie l’opportunité d’expérimenter des techniques et des dispositifs urbanistiques nouveaux.
C’est la période des orientalismes qui ont laissé des traces visibles dans la conception des projets architecturaux. Le développement économique de la région entre 1910 et 1959, dû à l’essor de la viticulture, a favorisé l’exécution des projets structurants de la ville. L’Hôtel de ville, en 1927, constitue par son architecture massive un fait marquant et un repère dans la représentation sociale. D’autres équipements importants ont suivi, tels que l’Hôtel des finances, La poste et les banques qui ont été réalisés le long du boulevard principal Benayed Bendehiba (Ex. Avenue du Premier de Ligne).
L’édification de nouveaux quartiers (Monplaisir à l’Est, La Salamandre au Nord Ouest) ainsi que la jonction des quartiers existants (Beymouth, Saint-Jules et Raisinville) donnent à la ville la configuration héritée après l’indépendance. Jusqu’aux années 1940, la production des logements a été le fait de l’initiative privée. Ce n’est qu’après 1954 que les autorités françaises ont mis en œuvre des formules pour loger la population algérienne défavorisée. Issue de l’exode rural, celle-ci était installée dans des bidonvilles à proximité de Monplaisir, El Arsa et Tidjditt. Au nord de ces quartiers, l’armée française en 1956 a construit un camp de recasement dénommé « Les maisons du capitaine », et l’office HLM (Habitations à loyer modéré) pour sa part, a réalisé des logements de types divers sur deux sites. Durant les dernières années de la Guerre de libération nationale, le Plan de Constantine a financé des logements type HLM à Raisinville, Beymouth et à l’extrémité Sud Est de la ville.
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التعديل الأخير تم بواسطة yasminemosta ; 03-06-2013 الساعة 09:54 PM












