إنه ليس إلا كلامي
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comédie olympique
14-10-2009
par kamel amghar
le comité olympique algérien, l’une des plus hautes instances sportives du pays, est dans de sales draps. Ce n’est un secret pour personne. Otage d’une bande de carriéristes, le coa se morfond dans une crise de pouvoir et de légitimité où, vraisemblablement, tous les coups sont permis. Loin de se prévaloir d’une quelconque éthique, les groupuscules qui s’y disputent les postes de responsabilité multiplient les travers et les coups tordus, depuis des années déjà, pour s’éterniser aux commandes. L’argent et les avantages de la fonction aiguisent évidemment les convoitises de cette ligue d’apparatchiks. Les jeux de
coulisses, les intrigues et les coups bas prédominent en effet à tous les niveaux de la hiérarchie. Des manœuvres scandaleuses, ou le vulgaire le dispute au ridicule, retardent l’élection d’un nouveau président et d’un comité exécutif dûment mandatés pour orienter l’action du comité. L’incapacité de l’équipe sortante à organiser une assemblée générale élective irréprochable, et l’intervention, certes, conséquente mais non dénuée d’une flagrante ingérence, du cio au mois de juin dernier constituent un indice patent du degré de déliquescence de cette instance suprême du mouvement sportif national dont l’image a été ternie et qui peine aujourd’hui à s’en remettre tant des dérives ont été accumulées par cette équipe, dérives qui ont perduré avec la commission électorale composée d’indus occupants. Après une première age invalidée pour défaut de quorum, les intérimaires se sont remis à «l’œuvre» pour préparer une autre assemblée élective. Rendez-vous a été donné au 31 octobre courant. Mais, apparemment, on est encore bien loin de saisir toute la leçon de juin dernier. Des pressions et des actions d’intimidation auraient été exercées sur certains membres de l’age qui refusent de se faire arrondir les angles. Outre les 22 fédérations olympiques existantes, des représentants du ministère de tutelle, des personnalités sportives, des journalistes, des membres de la société civile siègent à
l’assemblée générale du comité. Les femmes y comptent seulement 13 voix. On est bien loin de la parité femmes/hommes tant souhaitée par les plus hautes autorités du pays.
A chacune de ses interventions, le président de la république insiste sur la place et le rôle qui devraient être réservés à la femme dans la nouvelle société algérienne. La championne olympique, hassiba boulmerka, figure justement parmi ces 13 dames, et sa voix ne plait manifestement pas à l’establishment.
Elle encourt la suspension, pure et simple, car ses opinions -celles d’une athlète talentueuse qui a porté le sport algérien au firmament sur la scène internationale- ne cadrent pas avec le discours, plat et monocorde, des faiseurs d’assemblées. Sa petite voix discordante dérange visiblement «le consensus intéressé» qui a mené le coa à la faillite matérielle et morale. Le cas boulmerka devrait interpeller tous les authentiques sportifs algériens –il y en a encore beaucoup- pour, dans un ultime élan de dignité, stopper cette descente aux enfers. Ils doivent absolument se «mêler» pour barrer la route aux apparatchiks et aux corrompus qui minent tout le système sportif national. Ces derniers ont maintes fois échoué. Ils doivent à présent dégager pour laisser la place aux professionnels. Il faut impérativement chasser cette gangrène des postes de responsabilité et rendre à césar ce qui lui appartient. Le sport algérien, jadis très respecté, doit retrouver sa notoriété dans le concert des nations. Il y va aussi de l’image de l’algérie dans le monde.